DE LA VILLE DE PARIS.
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jours auparavant led. premier jour de Janvier, en l'Hostel de la ville de Paris en la presence des Pre­vost des Marchans et Eschevins d'icelle Ville, es mains desquelz les cappitaines, lieutenans et ensei­gnes qui seront esleuz seront tenuz faire serment en la presence du Procureur du Roy et de lad. Ville, que bien loyaument et fidellement ilz exerceront lesd, charges pour le service du Roy et de lad. Ville, se fourniront d'armes et chevaulx pour estre prestz et obeyr à ce qui leur sera commandé par le Roy, son Lieutenant general et par lesd. Prevost des Mar­chans et Eschevins; et quant vaccation adviendra d'aucuns de leurs compaignées, ilz ne presenteront en leurs lieulx que gens expérimentez, feables et qui pourront faire service au Roy ct lad. Ville. Et quant à la redduction des compaignées en nombre pareil et esgal, sont aussi d'adviz que dès à present Sa Majesté doibt ordonner que le cappitaine des archers en délaissera vingt de son nombre de chacune di­zaine, deux des vielz et jeunes pour estre enrôliez et mis au nombre des arbalestriers, et y servir le Roy et la Ville soubz le cappitaine qui est de present, lequel pourra pareillement choisyr. vingt autres
hommes notables et de service pour accroistre et rendre sa compaignée au nombre de cent, comme les autres, lesquelz vingt nouveaulx esleuz et choisiz feront le serment es mains desd. Prevost et Esche-vins, ainsi qu'il est accoustumé, et ne joyront des previlleges octroyez ausd, compaignées jusques au premier jour d'Octobre prochainement venant que l'on dira mvc1xvi, auquel jour est accoustumé faire delivrance des fermes des gros et huicliesmes du vin appartenant au Roy et lad. Ville. Et pour ce que de present les arcs et arbalestes ne sont en usaige ne de deffence, sont aussi d'adviz qu'il doibt estre or­donné que tous les archers et arbalestriers seront doresnavant tenuz porter harquebuzes, pistolles ou pistolletz au lieu des arcs et arbalestres, et que Sa Majesté octroyé aux vingt nouveaulx esleuz pareilz et semblables previlleges que ont les antiens, et leur en faisant expedier lectres, leur sera donné meilleure occasion de eulx employer à son service (1>.»
Signé : Bachelier.
"Faict et delivré à monseigneur le mareschal, le dimenche xvni° Novembre 1565."
DÇCXXXVIII. — Lettres de la Royne, apportées le xxnE Novembre v° lxv.
22 novembre i565. (Il 1784, fol. 347 r°-)
A Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
" Mess™, j'ay receu la lectre que m'avez escripte du vu" de cc moys, et après vous avoir asseurez que je seray tousjours celle qui tiendra la main la plus ferme et roide à la conservation des previlleges de vostre Ville, et qui en tout ce qui la concernera l'auray en plus singuliere et favorable recommanda­tion , vous diray que, si tost que j'ay veu le contenu en vostred. lectre, j'ay faict faire au Roy monsr mon filz une despesche bien expresse à mon cousin le duc d'Aumalle, qui luy a ja esté envoyée par la voye de la poste, pour permectre aux marchans de vos­tred. Ville et autres qui ont achepté des bledz en la province de Champaigne ct Brye de les sortir de lad.
province et les mener en vostred. Ville pour partie du secours et de la nourriture des habitans; a quoy je suis bien asseurée que, après avoir receu lad. des­pesche, il ne fera aucune contradiction ne difficulté. Si vous estimez et congnoissez que vous puissiez tirer pareil secours dc quelques autres provinces de ce royaulme où il y aict habondance de bledz, m'en advertissant, je y feray faire semblable expedition, et en cela comme en toutes choses qui vous seront necessaires, vous feray tousjours congnoistre combien j'ay chere vostred. Ville et tous les habitans; priant Dieu, Mess™, qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escript à Bourgueil, le xix° jour de Novembre mil vc lxv'2'. n
Signé : CATERINE. Et au dessoubz : Bourdin.
O L'avis do l'Echevinage sur la requête du capitaine dos arbalétriers de la Ville est annexé au texte de l'édit de février i566, dans le registre des Bannières. (Archives nationales, Châtelet de Paris, Y 12, fol. 51 v°.)
(s' M. de la Ferrière ne reproduit point cette missive dans son recueil des Lettres de Catherine de Médicis; mais, à cette même date (t. II, p. 325), il donne le texte d'une dépêche de la Reine Mère au maréchal de Montmorency, où se trouve mentionnée celle qui fut adressée au duc d'Aumale ctpour permettre de sortir des- bledz de la Champaigne pour le secours de la ville de Paris n.